harold tapisserie bayeux

Que pouvait bien représenter la dernière scène de la Tapisserie ? Une chose est sûre, la broderie telle que nous la connaissons aujourd’hui est incomplète.

Longtemps conservée enroulée, la Tapisserie s’est usée sur sa partie finale. Les dernières scènes sont donc parmi les plus abîmées. Des tentatives de restauration ont été effectuées au XIXe siècle mais elles n’ont pas vraiment amélioré les choses : il ne faut pas être expert pour se rendre compte que le style des personnages et les couleurs des dernières scènes sont beaucoup plus récents (et moins réussis) que le reste de l’œuvre.

La toute dernière scène de la Tapisserie s’est-elle tout simplement retrouvée détruite par le temps. Un bout de la toile s’est-il arraché malencontreusement ? Ou a-t-il été arraché intentionnellement ? Avouons-le : personne n’en sait rien. C’est même l’un des plus grands mystères entourant ce chef-d’œuvre. Les documents les plus anciens mentionnant la Tapisserie ne décrivent pas la dernière scène. Elle semble avoir disparu depuis plusieurs siècles. Nous ne pouvons donc faire que des hypothèses.

Si l’on se base sur l’histoire racontée dans la broderie, il est fort possible que l’ultime scène ait représenté le couronnement de Guillaume. « Ici le roi Harold est tué, et les Anglais prennent la fuite », raconte la dernière phrase latine visible aujourd’hui. On peut ainsi facilement imaginer la suite. Ce pourrait être quelque chose comme : « Ici le duc Guillaume de Normandie est couronné roi d’Angleterre ». Si la Tapisserie de Bayeux a bien été réalisée pour le compte de l’évêque Odon, en vue d’orner la nef de la cathédrale de Bayeux, on peut en déduire qu’il ne manque que quelques images à la broderie, peut-être deux panneaux. Elle fait 68 mètres de long, ce qui correspond quasi-parfaitement à un accrochage en forme de U dans la nef.

L’hypothèse de la scène du couronnement de Guillaume est celle qui est privilégiée par les spécialistes, d’autant qu’elle ferait apparaître une nouvelle fois l’abbaye de Westminster, le lieu qui symbolise la nouvelle royauté et le pouvoir anglo-normand. La boucle serait bouclée.

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