Notre chroniqueur germanophone Paul Cherrier dévoile les derniers éléments de ses recherches sur Siegfried Kulper, soldat allemand de la Seconde guerre mondiale. Retrouvez ici la première partie de cette enquête. kulper Une expérience bouleversante : Siegfried sur le Front de l’Est en 1941-42 Le jeune Siegfried prit part à l’Opération Barbarossa, sûrement dès l’été et l’automne 1941. Il a en tous cas connu l’horrible hiver 1941-42, où tant de Landser (soldats) de la Wehrmacht eurent des membres gelés (dans le meilleur des cas, certains finirent entièrement congelés). Les soldats ayant combattu à l’Est durant cet hiver épouvantable reçurent comme maigre compensation pour les souffrances endurées la ‘médaille des combats d’hiver à l’Est 1941-42’, plus communément appelée « Gefrierfleisch-Orden » (« Ordre de la viande congelée », surnom donné par les soldats allemands à cette décoration). Or, Siegfried a bien reçu cette médaille, on la distingue grâce à la photo conservée par Helga, sur la barrette au dessus de sa poche gauche de sa vareuse, sûrement une M.1942. Il eut donc affaire au très rude hiver russe, les températures tombant dans son secteur en dessous des -40°C ! A ce moment-là, le 77.Infanterie-Regiment avait fait partie du fer de lance de l’assaut sur Moscou, au sein du fuseau Nord du Heeresgruppe « Mitte » (Centre), intégré à la 9ème Armee allemande (sauf en octobre) évoluant à travers les villes de Polozk, Düna, Bjeloje durant l’été et l’automne 1941. Mais il était peu équipé contre un hiver particulièrement rigoureux et imprévu, Moscou ne fut jamais atteinte.
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Emouvant portrait de Siegfried, là caporal-chef, probablement prise en 1943 ou tout début 1944. Au dessus de sa poche de vareuse gauche (type M1942), se trouvait une barrette rappelant ses décorations, dont le ‘Gefrierfleisch-Orden’. Là il n’a plus rien à voir avec le jeune garçon de l’Entre Deux Guerre (Collection Helga Fischerkeller)

kulper Ce dut être pour Siegfried une expérience très rude, avec son régiment il put progressa jusqu’à Rschew, sur la Volga, début décembre 1941, et poursuivit en direction de la ville de Kalinin, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale soviétique, mais qui ne fut jamais prise, le régiment stationna donc une bonne partie de décembre à 20-30km au sud-ouest de cette ville. Le ravitaillement devenait très compliqué, même l’essence gelait dans les moteurs, la respiration des hommes se transformait en glace, et même uriner devenait dangereux !
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Soldats allemands d’une unité inconnue de la Luftwaffe en plein hiver sur le front russe. Photo retrouvée à Augsbourg. (Collection Paul Cherrier)

Par sécurité, le 77ème se replia en bon ordre sur Rschew (Rjev) avec le reste du 6ème Armee-Korps (dont il faisait partie) pour assurer la défense de cette ville, et éviter l’encerclement. Effectivement l’Armée Rouge renoua en janvier 1942 avec l’offensive, et chercha - avec six armées- à encercler les forces allemandes dans une poche autour de Rschew. Siegfried a connu toutes ces péripéties, il était en janvier-février avec son régiment entre Rschew et la petite bourgade de Mologuino (8km au nord de Rschew) ! La situation devenant critique, l’excellent Feldmarschall Model prit le commandement des opérations dans ce secteur, la tête de la 9ème Armée. Les Allemands tinrent la ville, brisèrent l’encerclement mais ne parvinrent pas à reprendre l’offensive sur Kalinin et Moscou. Siegfried reçut probablement comme tous ses camarades sa décoration au début de 1942.
Axe de progression de la division de Siegfried durant l’Opération Barbarossa. (Dessin Paul Cherrier)

Axe de progression de la division de Siegfried durant l’Opération Barbarossa. (Dessin Paul Cherrier)

Une autre chose est certaine : Siegfried, par la suite, participa toujours au sein du 77ème Régiment d’infanterie, un des trois régiments de la 26.Infanterie-Division, aux très durs combats lors de l’offensive allemande d’été dans la région de Bolchow, puis vers Orel. Toujours au sein du Heeresgruppe Mitte, après plusieurs mois passés en défense sur Rschew, la 26ème Division fut transférée à quelques centaines de kilomètres au sud de cette ville russe. Dans cette division constituée très largement d’hommes originaire de villes des bords du Rhin entre Cologne, Düsseldorf et Essen, Siegfried devait se distinguer et faire rire ses camarades avec son dialecte et son accent du sud de l’Allemagne, souabe (Augsburgerisch), et tous les stéréotypes qui y sont attachés, certains devaient se moquer gentiment de lui.
Siegfried a reçu sur le champ de bataille (‘im Felde’), probablement non loin des rives de l’Oka, la prestigieuse Croix de Fer de Deuxième Classe
Après une fin d’hiver et un printemps boueux, tout mouvement offensif était très compliqué (dans le centre de la Russie, des ornières de plus d’un mètre cinquante de profondeur pouvaient se creuser !). L’été était la saison la plus propice aux assauts motorisés, et c’est ainsi qu’en juillet 1942 l’unité de Siegfried se retrouva sur Orel, et mena de très durs combats pour tenir les environs et progresser au-delà de l’Oka (grosse rivière), sans gros succès. A cette période les Russes étaient bien mieux équipés qu’à l’année précédente, chars T34, mitraillettes Ppsh41…
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Carte des positions de la 26ème Division d’Infanterie à l’été 1942. C’est dans cette zone, au cœur de la Russie, que Siegfried reçu sa deuxième décoration. (Dessin Paul Cherrier)

Le jeune homme a dû être profondément marqué par cette expérience du combat, il était vraisemblablement un bon soldat qui a du connaitre des situations de tensions et d’horreurs à toute épreuve, perdre de nombreux camarades tués ou blessés, dans des combats contre l’Armée Rouge régulière mais aussi contre les groupes de partisans qui commençaient à se former en grand nombre derrière les lignes de la Wehrmacht en 1942. Le 23 août 1942, Siegfried a reçu sur le champ de bataille (‘im Felde’), probablement non loin des rives de l’Oka, la prestigieuse Croix de Fer de Deuxième Classe, il était déjà caporal (Gefreite) à ce moment là. Par chance Helga et son mari Emil ont conservé dans un état impeccable cette attestation de Croix de Fer, signée par le colonel du régiment, avec le tampon divisionnaire.
Attestation de Croix de Fer de Deuxième Classe remise au caporal Siegfried Kulper sur le champ de bataille. A l’été 1942 le principal effort de l’armée allemande à l’Est était dirigé vers l’embouchure de la Volga - Stalingrad - et le Caucase. (Collection Helga Fischerkeller)

Attestation de Croix de Fer de Deuxième Classe remise au caporal Siegfried Kulper sur le champ de bataille. A l’été 1942 le principal effort de l’armée allemande à l’Est était dirigé vers l’embouchure de la Volga - Stalingrad - et le Caucase. (Collection Helga Fischerkeller)

À ce moment, le colonel dirigeant le 77.IR se dénommait Rönnpagel, qui a succédé à l’Oberst von Pfuhlstein, lui-même qui remplaça l’Oberst Fritz Hertzsch (tué au début de l’Opération Barbarossa). Est-ce Rönnpagel qui a signé ce document ? Logiquement oui. Quelle émotion ce fut pour moi à la vue de ce document ! J’avais effectivement supposé grâce à la photo bien abimée du faire-part de décès que Siegfried avait combattu à l’Est. Le document atteste qu’il faisait partie de la 14./77.I.R., or le numéro 14 dans ce régiment correspond à une compagnie de ‘Panzerjäger’, appartenant au 3ème Bataillon du régiment. C’était une compagnie de chasseurs de chars, équipés de canons antichars à cette étape du conflit (pièces de 37, 50 puis au milieu de la guerre des calibres plus puissants, 75 et 88mm). Siegfried devait avoir une très bonne connaissance de ces armes et techniques antichars. Puis progressivement, à la mi-1944, des nouvelles armes type « Panzerfaust » ou « Panzerschreck » furent introduites, mais Siegfried n’eut certainement pas le temps d’apprendre à se servir de celles-ci, il en entendit sûrement parler (quoi que, le 6 juin 1944 un bazooka de type Panzerschreck détruisit un char britannique Sherman, sur Hillman). De plus, sur la photo en très bon état conservée précieusement par Helga (qui servit d’ailleurs pour l’édition des faire-part), où Siegfried apparait en uniforme, on distingue parfaitement bien sur sa poche gauche le « Infanterie Sturm-Abzeichen » argenté, avec un fusil Mauser en diagonale. (ainsi que la barrette de décorations au dessus de sa poche gauche où figure la Croix de Fer et le ‘Gefrierfleisch’, bien plus nets que sur le faire-part).
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Gros plan sur la poitrine de Siegfried, on distingue nettement l’insigne d’assaut sur la poche gauche, ainsi que la barrette au dessus de cette poche rappelant sa Croix de Fer et sa Médaille des combats d’hiver 41-42 à l’Est.

  Cette décoration était remise aux fantassins de la Wehrmacht, gradés ou non, qui avaient pris part à au moins trois assauts ou offensives. Cette photo dure a dû être prise en 1943 ou 1944. Ce sont les preuves supplémentaires que Siegfried Kulper a eu de lourdes expériences de combat, et a du avoir à faire à des situations très difficiles, douloureuses et de malheur (perte de proches, blessés, mutilés, dans une Union Soviétique où il était souvent difficile de distinguer des partisans de simples civils).
En 1943, Kulper participa à l’énorme encerclement de Koursk
On sent sur cette photo dans son regard et son visage une certaine droiture et l’endurcissement, qui tranche comparée aux photos prises vers 1937 et 1940. En 1942 déjà, il devait avoir une folle envie de retrouver son ‘Heimat’, sa famille bavaroise, sa fiancée et son activité professionnelle qu’il aimait.
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Carte postale de propagande d’une exposition d’art de Munich, envoyée à un caporal inconnu en 1943. Les équipements, uniformes et l’ambiance se dégageant de cette gravure - représentant deux soldats allemands – illustre bien la dureté des combats à l’Est. (Collection Paul Cherrier)

Fin 1942, le régiment fut transféré plus au sud, dans la boucle du Don pour soulager l’assaut sur Stalingrad, aux côtés de troupes italiennes puis hongroises. En 1943, le 77.Infanterie-Regiment participa à l’énorme encerclement de Koursk, qui se solda par un échec cuisant des Allemands. Puis d’août à octobre de cette même année, de nouveau en combats rapprochés sur Orel, puis Smolensk. Concernant l’année 1943, on ne sait pas où était Siegfried, il a sûrement participé à ces combats dans son régiment, à un moment où le Reich commençait à voir le vent tourner, avant d’être envoyé en France.   Affectation de Siegfried en Normandie, et mariage à Göggingen durant une permission   D’après Linde, la jeune fiancée de Siegfried (Hilde) a quitté la Ruhr au cours de la guerre et se retrouvai en Bavière chez les Kulper, dans un environnement certainement bien différent de la Ruhr. Peut-être travailla t elle dans l’épicerie de Lorenz, son futur beau-père. Siegfried a eu au moins une permission à l’automne 1943, autour du mois d’octobre, et c’est à ce moment là qu’Helga fut procréée…. En tous cas il ne retournera pas dans l’enfer de Russie. Début 1944 au plus tard Siegfried fut envoyé sur le Mur de l’Atlantique, en Normandie, dans le nord du département de la Manche, secteur du général Erich Marcks (84.Armee-Korps, 7.Armee). Le plus probable est qu’il fut envoyé dans la Péninsule de Cherbourg en repos suite à une blessure. En effet, à partir de 1943 les blessés – même légers – de la 26.ID, une fois remis sur pied, étaient réaffectés dans des divisions différentes de celle-ci, ce dont se plaignaient les anciens de cette unité, car l’esprit de corps y disparaissait petit à petit.
Peut-être se retrouva t-il dans la région des Marais du Merderêt, entre Sainte Mère Eglise et Montebourg
Dans les divisions côtières, souvent statiques, se trouvaient de nombreux convalescents et ce fut sans doute le cas pour Siegfried. Quelle devait être la stupeur pour les soldats relativement âgés du secteur, qui n’avaient pour la plupart jamais vécu d’engagement armé de voir débarquer ce solide jeune homme avec ses décorations et son expérience du combat. Peut-être se retrouva t-il dans la région des Marais du Merderêt, entre Sainte Mère Eglise et Montebourg, ou même directement sur la côte vers Quinéville ou La Madeleine, près des batteries de Saint Marcouf, Azeville et Crisbecq, on ne le sait pas. Dans ce secteur, des unités de Panzerjäger étaient stationnées en retrait des côtes et peut-être put-il leur faire part de ses expériences en matière de combat antichars, peut-être fut-il une sorte d’instructeur en convalescence pour ses nouveaux camarades, peut-être fut-il motocycliste.
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Paysage de bocage caractéristique du Cotentin, avec de nombreuses haies denses, telles que Siegfried a dû les découvrir en 1943-44. Un tel paysage est très propice aux embuscades et à la défense. (Photo Paul Cherrier, fin 2012)

En tout cas, il appartenait bien en Normandie à un Grenadier-Regiment, peut-être le Gren-Rgt 919 (fort probable) de la 709.Infanterie-Division du général Schlieben qui tenait tout l’est du Cotentin de Cherbourg aux Veys, le Gren-Rgt 1057 ou le Gren-Rgt 1058 (appartenant à la 91.Infanterie-(Luftlande) Div., stationnée dans le centre du Cotentin)… On peut penser que la Normandie a dû lui faire du bien avant le D-Day, que les Allemands appellent « Invasion ». Il était sûrement au calme, dans une belle, paisible région et cela le changeait de toutes les duretés et atrocités qu’il avait connues en Russie deux les années d’avant, bien qu’il y avait avant le Débarquement de parfois déjà violentes attaques de bombardiers dans le secteur. En même temps Siegfried s’éloignait de ses camarades rhénans-westphaliens avec lesquels il s’était lié dans la dureté de l’Est. Le vétéran Hans Sauer (né en 1923 à Essen, de 1942 à 1944 au nord de Caen) a bien expliqué grâce à sa mémoire fantastique qu’il y avait de bons contacts entre les soldats de la Wehrmacht et les civils normands, et qu’un nombre important de convalescents du Front de l’Est se trouvaient en Normandie. Là, Siegfried comme de nombreux soldats allemands pouvait se procurer du beurre et de la viande que peut-être il envoya à sa famille à Göggingen (pratique courante chez les soldats allemands). On imagine qu’il testa le cidre et le calvados, et peut-être certaines charcuteries et fromages locaux normands. La Normandie était bien tranquille pour les Landser avant le 6 juin, il eut peut être le loisir de découvrir un peu la ville de Cherbourg, et même pourquoi pas la ville de Paris, un symbole de détente et de plaisirs à l’époque pour tous les soldats allemands.
Une chose est certaine :  sa présence en Normandie devait rassurer les Kulper
Mais même en tant que convalescent il devait aussi participer activement aux travaux de défense du secteur, construction des blockhaus, planter les asperges, poser des mines, renforcer les tranchées et positions de mitrailleuses, mortiers… dans l’attente de la fameuse Invasion alliée. Le Feldmarschall Erwin Rommel avait intensifié ces préparatifs de défense, beaucoup de généraux ne croyaient pas à l’assaut sur la Normandie, Hitler en était lui convaincu et renforça dans la première moitié de 1944 de manière significative le Cotentin, où Siegfried était affecté, depuis 1942 passé du grade de Gefreiter à celui d’Obergefreiter. Malheureusement, les lettres que Siegfried échangea avec sa famille pendant la guerre ont disparu, elles auraient pu nous apporter tant de détails et d’informations supplémentaires, notamment sur son état d’esprit, ses rapports avec les Français, ce qu’il pensait de la France, de sa nouvelle unité qui devait lui sembler bien moins motivée et combattive et aussi bien moins équipée que la 26ème Division ! Il écrivait de manière régulière à sa famille de Bavière. Ce dut aussi être étonnant pour Siegfried de découvrir dans sa nouvelle affectation en Normandie des Géorgiens, Russes et autres ex-citoyens soviétiques qui constituaient au Printemps 1944 une grosse partie des effectifs dans le Cotentin, dits ‘Ost-Bataillone’ … lui qui avait combattu leurs compatriotes quelques mois auparavant ! Une chose est certaine : il ne devait avoir aucune envie de repartir sur le front russe, et sa présence en Normandie devait rassurer les Kulper et sa fiancée (bientôt femme comme on va le voir). Hans Sauer explique bien encore de nos jours que l’envoi à l’Est était l’angoisse, la hantise des Landser présents en tant que troupes d’occupation en France. Il décrit bien aussi le fait qu’en Normandie la Feldgendarmerie et la Gestapo en venait quasiment à traquer les convalescents lorsqu’ils étaient remis sur pied, pour les renvoyer à l’Est sans trainer.
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Entrée de l’église où Siegfried s’est marié avec Hilde, au tout début de 1944. On imagine bien le couple entrant par là, allant jusqu’à l’autel où se trouvait le curé, avec la famille tout autour. (Paul Cherrier, déc. 2013)

Siegfried tenait à se marier, peut-être avait-il déjà reçu l’immense et heureuse nouvelle que sa fiancée, enceinte depuis quelques mois, attendait un enfant ! Il fit ainsi au moins un retour fulgurant à Augsbourg, début 1944. Linde toute petite à ce moment là s’en rappelle encore bien, il revint de France pour épouser Hilde. Il l’épousa ainsi dans une toute petite, mignonne église protestante de la Wellenburger Strasse, la ‘Hessings Kirche’ (voir photo), juste en face de la maison des Kulper. Alors qu’il était comme beaucoup de Bavarois du Sud, un catholique, il se maria par commodité dans une église luthérienne ! Certainement par commodité… L’église se dresse toujours au même endroit aujourd’hui, à deux pas de là où il avait passé toute son enfance. D’après sa petite sœur, il repartit pour la France dès le lendemain de son mariage et c’est ce jour là qu’il y eut un très gros bombardement sur Augsbourg, les 25-26 février 1944, contre les usines Messerschmitt et la gare (Augsburg-Hauptbahnhof). 2000 habitants furent tués ou blessés, et 85 000 perdirent leur logement. Linde a encore bien ancré en mémoire que dans les rues de Göggingen, pourtant épargnées, ça sentait distinctement la fumée. De nombreuses bombes étaient par chance tombées en dehors de la ville, dans les champs. Durant cette alerte, toute la famille fut regroupée dans un abri de Göggingen avec de nombreux autres civils, qui étaient construits spécialement contre les bombardements alliés (un de ces abris, bétonné, est entièrement reconstitué en musée à Augsbourg dans la fameuse ‘Fuggerei’, et vaut le détour). Siegfried, marié logiquement le 24 février 1944, repartit en flèche dès le lendemain de son mariage pour le Cotentin. Dans les mois ou semaines suivants, marié et étant au courant qu’il attendait un enfant, son désir de retourner dans son ‘Bairisch-Schwäbische Heimat’ ne devait qu’en être renforcé. Ses nouveaux camarades devaient être heureux pour lui. Mais l’Histoire allait en décider autrement... D-Day, disparition de l’Obergefreiter bavarois Siegfried Kulper Après plusieurs mois passés en Normandie, Siegfried devait s’y sentir assez bien, loin des peurs et combats sanglants constants de Russie. Mais dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, l’opération Overlord était déclenchée par les forces alliées ! kulper