Après la Charente Maritime, la Normandie est la seconde région la plus visitée par le commissaire Maigret. Ses enquêtes l’ont mené à Caen, Bayeux, Dieppe, Étretat et Fécamp.

La ville de Bayeux est le décor de la nouvelle de Georges Simenon intitulée "La Vieille Dame de Bayeux", publiée en 1944 dans le recueil Les Nouvelles Enquêtes de Maigret. La vieille dame de Bayeux se nomme Jospéhine Crozier, elle est décédée. La jeune Cécile ne croit pas à une mort naturelle. Elle est persuadée que son neveu l’a tuée pour toucher un héritage estimé à cinq millions de francs. Déjouant ses calculs macabres et découvrant ses tours de passe-passe, Maigret finit par démasquer le coupable. Le procureur de Caen le félicite glacialement et l’invite à rentrer sur Paris, où ses méthodes peu orthodoxes feront moins de bruit. Cette nouvelle écrite à Neuilly-sur-Seine pendant l'hiver 1937-38 offre une vision plutôt sombre et inquiétante de Bayeux : temps maussade, rues étroites et religieuses caractérielles. Mais la ville sait aussi offrir un peu de réconfort au plus célèbre commissaire de France.

Un spécialiste de l’univers de Maigret s’est amusé à faire la liste des restaurants et des troquets fréquentés par le commissaire au cours de ses enquêtes. À Bayeux, Maigret s’arrête dans une brasserie dont le nom n’est pas précisé et réserve une table dans «un restaurant célèbre pour ses soles et ses tripes». Libre à vous de confirmer si un tel restaurant à jamais existé à Bayeux...

Le commissaire Maigret et son "petit verre de calva". Bruno Cremer dans "Maigret et la Grande Perche"

La Normandie apparaît souvent dans les romans de Simenon, d’une façon plus singulière encore. Pas moins de 22 variétés d’alcool sont citées dans les aventures de Maigret et sa boisson favorite reste, de façon indiscutable, le calvados. Il représente à lui seul près d’un quart des prises d’alcool du commissaire. Pourquoi ? Le calvados est le produit du terroir type, le cru des initiés. On le trouve partout, dans tous les bistrots de Paris, toutes les brasseries de France, et il n’a jamais trahi Maigret : au moment décisif de l’enquête, quand le déclic se fait, Maigret avoue souvent que l’alcool le rend plus sensible, qu’il aiguise ses sens.

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