soldats canadiens copieLes combats sur Juno Beach du 6 juin 1944 sont bien connus, particulièrement depuis la création du centre Juno Beach à Courseulles, construit dans les dunes à l’ouest de la Seulles. De ce côté de la rivière, les bunkers du Wn31 sont encore bien visibles et en cours de déblaiement. Là, le 6 juin, le régiment canadien Royal Winnipeg Rifle mena d’âpres combats pour libérer une position occupée par les hommes du Grenadier-Regiment 736.

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Juste de l’autre côté de la Seulles, eut lieu un très violent assaut mené par le Royal Regina Rifles, unité composée largement de Canadiens anglophones originaires des grandes plaines. À cet endroit se trouvait le Wn29, occupé par une compagnie, la 6ème/736, de la 716.ID. Cette position avait été aménagée autour des bâtiments en front de mer, dont une gare, qui ont tous été rasés après la guerre. Seul le grand hôtel subsiste aujourd’hui.

Ces constructions étaient fortifiées, fenêtres murées et aménagées en postes de combat. Plusieurs tobrouks et positions bétonnées pour MG, mortiers et surtout une très grosse casemate de 88mm en béton armé prenant la plage en enfilade vers l’est, un restaurant se trouve au dessus aujourd’hui avec la Maison de la Mer, furent construits par l’Organisation Todt directement en front de mer.

Pendant la première vague d’infanterie : le chaos

À l’est se situait aussi une grosse casemate bétonnée camouflée en villa prenant la côte en enfilade vers l’ouest, contenant un 75mm Pak qui posa de sérieux problèmes aux forces d’assaut, il se trouvait à peu près là où se situe de nos jours la piscine. Il y avait aussi un petit 50mm Pak qui est toujours visible aujourd’hui, déplacé sur le port. Les positions étaient reliées entre elles par un réseau de tranchées soigné. Un fossé antichar fut creusé derrière le Wn29 en prévision d’un éventuel assaut venant des terres. Le Wn29 défendait aussi une partie de la rive est du port, c’était une position très puissante.

Ce secteur fut appelé Nan Green par les Alliés. Le Regina Rifle fut appuyé par les Sherman Duplex Drive qui arrivèrent en temps pour appuyer l’infanterie. Les compagnies A, en premier, puis la C et la D du Regina Rifles arrivèrent les plus près du point fortifié allemand, qui fut peu endommagé par les précédents bombardements aériens et navals.

Ce fut le chaos dans la première vague d’infanterie : les Canadiens sortirent de leurs petits LCA vers 8h00, à marée montante, au milieu des asperges de Rommel et hérissons tchèques, des explosions, tirs de mitrailleuses, de la fumée, des fumigènes. Ils durent ensuite se mettre à l’abri dans les dunes face au Wn29.

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Les tirs des armes automatiques et légères des Landser causèrent de lourdes pertes à la première vague, et notamment la compagnie A. La compagnie B quant à elle débarqua la plus à l’est, à la sortie de Courseulles, là où les dunes redémarrent entre Courseulles et Bernières. Entre les deux villages, les positions allemandes étaient très faibles, occasionnant peu de pertes parmi cette compagnie, sauf à cause de tirs sporadiques d’obus de mortier. Elle traversa rapidement les champs de mines, factices ou non, et parvint sans encombre à son objectif situé à un kilomètre dans les terres : le nettoyage du vieux Courseulles, notamment du château et du Wn30, composé d’abris légers reliés par des tranchées, qui se situait juste à côté, composant la Kommandantur.

soldats canadiens copie 2La compagnie D débarqua vers 9 h devant le Wn29 encore en action, à un moment où la marée était bien montée. Plusieurs LCA heurtèrent des asperges et explosèrent, causant des pertes lourdes dans leurs rangs, le major Lowe commandant cette compagnie fut tué.

Les hommes de la Compagnie A, ayant créé des brèches dans les fils barbelés situés dans les dunes s’attaquèrent aux positions allemandes d’est en ouest, et notamment aux bâtiments fortifiés. Les chars DD du 1er Hussar durent aussi intervenir pour appuyer l’infanterie. Ce fut un combat à l’arme légère et à la grenade qui demanda plusieurs heures, car les tranchées et surtout les tunnels permettaient aux Grenadieren de regagner des positions auparavant perdues.

Des tireurs embusqués résistaient à l’avance des Reginas

Les chars AVRE et Sherman flail arrivèrent plus tard que prévus, débarqués depuis les LCT directement sur la plage. Ces véhicules spéciaux appartenant à la 79th Armoured Division, surtout le Churchill Pétard, parvinrent malgré leur retard à contribuer à la neutralisation des positions de mitrailleuses et de canons dans la matinée.

Mais encore en fin de journée, des snipers continuaient à se cacher dans les les bâtiments du front de mer. Les autres compagnies s’occupèrent de combattre les arrières, la rue de la mer et les rues du vieux bourg. Des tireurs embusqués résistaient à l’avance des Reginas mais individuellement, ils ne purent par conséquent pas faire grand-chose contre l’avance alliée. Une fois cette tâche accomplie, ces courageux Canadiens foncèrent vers le sud, notamment en direction de Reviers.

Les soldats canadiens du Regina Rifle perdirent 55 soldats tués et plus d’une centaine de blessés le Jour-J.

 

Retour sur les lieux, en images

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Emplacement du Wn29.

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Reste d’une base en béton pour hérisson tchèque, à marée basse.

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Vestiges d’asperges de Rommel, en regardant vers l’est.

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Embouchure de la Seulles.

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En regardant vers l’ouest.

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Ruelle où  les soldats Canadiens du Regina Rifles, derrière le Wn29, ont combattu jusqu’au bout.