abbe de choisy

L’abbé vu par Isabelle Nanty en 1990 au théâtre du Rond-Point, dans "Madame l’abbé de Choisy".

Né en 1644 à Paris, François-Timoléon de Choisy a des origines familiales normandes. Quatrième et dernier fils de Jean III de Choisy, seigneur de Balleroy, son grand-père était receveur général des finances de Caen. Jusqu’à l’âge de dix-huit ans sa mère l’habille en fille pour l’introduire dans l’entourage du roi de France. Entre la mort de sa mère en 1669 et sa conversion en 1683, il mène une vie haute en couleur. Reprenant des habits de femme, il devient « comédienne » à Bordeaux puis s’établit, avec les encouragements de son curé et l’approbation de son évêque, dans une demeure du centre de Paris.
Les habits de l'abbé n'étaient pas du goût du duc de Montausier, surnommé "Rabatjoie de Montausier".

Les habits de l'abbé n'étaient pas du goût du duc de Montausier, surnommé "Rabatjoie de Montausier".

Il y devient «Mademoiselle de Sancy». Présent à tous les bals du quartier, on dit de lui qu’il « affole ses admirateurs comme ses rivales ». «Cette vie était délicieuse, écrivit l’abbé, lorsque la bizarrerie ou pour mieux dire la brutalité, de M. de Montausier me renversa tout». Un soir d’opéra, l’abbé est en effet attaqué par le duc de Montausier, qui lui ordonne « d’aller se cacher » alors que le Dauphin lui-même proteste en trouvant Choisy «belle comme un ange». Écoeuré, François-Timoléon prend la route de Bourges où, écrit-il, « je pourrai faire la belle tant qu’il me plaira », loin de celui qu’il surnomme « Rabajoie de Montausier ». Quelques années plus tard, les contacts clairsemés entre François-Timoléon et la Normandie se resserrent. Tombé malade en août 1683, il frôle la mort et, décidé à changer de vie, se retire un an au séminaire. De retour d’un voyage au Siam (actuelle Thaïlande), où il est ordonné prêtre, il devient doyen du chapitre de la cathédrale de Bayeux, le 11 avril 1697. Homme de culture au caractère très sympathique, François-Timoléon obtient cette charge grâce à sa famille et grâce à ses amis influents, respectés à la cour comme dans le haut clergé. Mais le séjour bayeusain de l’ancien abbé travesti est de courte durée. Curé de la cathédrale, il renonce à sa dignité de grand doyen en octobre 1699, mois de deux ans après son arrivée. Sa charge l’obligeait à résider à Bayeux, ce que l’ancienne star des bals mondains n’était pas décidée à faire.