train presidents

En gare de Bayeux, il y a beaucoup de trains qui arrivent à l’heure, il y en a quelques-uns qui arrivent en retard, mais il n’y en a qu’un seul qui a transporté deux présidents à la fois.

C’était le 5 janvier 1978, pour la dernière conférence internationale jamais organisée dans un train spécial en France. À bord, Valéry Giscard d’Estaing et le président des États-Unis, Jimmy Carter. Le matin, les deux chefs d’Etat, arrivés dans des hélicoptères différents, s’étaient recueillis sur les plages du Débarquement d’Omaha Beach. Un train spécial avait quitté Paris-Saint-Lazare, pendant cette cérémonie, à 8 h 40. «En réalité, il y a avait deux trains, raconte Jean des Cars dans son Dictionnaire amoureux des Trains, celui des hautes personnalités et celui des journalistes, précédés d’une rame de sécurité, le fameux « train balai ».

À 13 h 42, le train officiel quitte Bayeux. Il comprend huit voitures type « Trans-Europ-Express », dont deux voitures-restaurant-cuisine. La deuxième voiture a été aménagée pour les entretiens au sommet ; dix hommes prennent place autour des présidents. Deux fourgons générateurs sont équipés de radio et de telex installés par le Secret Service américain».

Au menu : la diplomatie

La locomotive de tête, une machine diesel bleue à bandes blanches, arbore une cocarde tricolore française. Elle est barrée de deux « bannières étoilées », en l’honneur du drapeau américain. «Dans la première cabine, précise Jean des Cars, trois hommes sont chargés de la bonne marche du train, Messieurs Letellier, Houget et Baril».

train president giscard carter

Giscard, deuxième à gauche, Carter, troisième à droite.

Une fois le repas terminé, les deux convives présidentiels restent à table pour parler diplomatie. Ils évoquent la situation au Moyen-Orient, la présence renforcée du personnel militaire soviétique en Afrique et à Cuba, les entretiens du président Carter avec le roi d’Arabie Saoudite et le shah d’Iran.

En descendant du train, en gare de Paris-Saint-Lazare, Valéry Giscard d’Estaing déclare, le soir même, que les conversations dans le train ont été «cordiales, ouvertes et fructueuses ». Aucun journal n’a tenu à préciser que le train était arrivé à l’heure.

Image de Une:  Passage du train spécial à Lisieux