cadet rousselle normandie

Détail d'une planche illustrée.

C’est l’une des plus célèbres chansons de France. Mais en connaît-on bien les paroles ? Qui sait que Bayeux et Caen sont les deux seules villes citées dans la chanson ? Elles sont citées dans le quatrième couplet de la plus ancienne version connue, composée en 1792.
«Cadet Rousselle a trois beaux yeux, (bis) L’un r’garde à Caen, l’autre à Bayeux, (bis) Comme il n’a pas la vu’ bien nette, Le troisième, c’est sa lorgnette. Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment, Cadet Rousselle est bon enfant !...»
Que viennent donc faire les deux villes normandes dans cette chanson ? Nul ne le sait. Peut-être est-ce tout simplement une facilité de rime. cadet rousselle Le vrai Cadet Rousselle, Guillaume Joseph Rousselle, est né à le 30 avril 1743 à Orgelet, dans le Jura. Vers ses vingt ans, il s’installe à Auxerre, où il épouse Jeanne Serpillon, son aînée de seize ans. Il y devient huissier, ce qui lui assure un revenu confortable. En 1781, il achète une petite maison biscornue et fait construire au-dessus d’un vieux porche un étroit balcon couvert. L’aspect curieux de son domicile marque les esprits autant que le caractère du personnage qu’on dit jovial, bon vivant, un peu excentrique, mais qui jouit de la sympathie de ses concitoyens. C’est ce qui explique sans doute qu’il ait inspiré une chanson. Il meurt à Auxerre, le 26 Janvier 1807. Une statue y a été érigée en son honneur. «On s’est perdu en vaines conjectures sur la tendance satirique de cette bouffonnerie et sur le mystère de ce nombre trois qui se reproduit sans cesse dans la chanson», écrit le compositeur Charles Malo en 1861. Il semble toutefois que l’on doive la chanson à Gaspard de Chenu, un notable auxerrois auteur de chansons satiriques. Peu gâté par la vie, le Cadet Rousselle de la chanson est en tout cas immortel, car il est plus malin que la mort... Comme le dit la chanson :
«Cadet Rousselle ne mourra pas, (bis) Car, avant de sauter le pas, (bis) On dit qu’il apprend l’orthographe Pour fair’ lui-mêm’ son épitaphe. Ah ! Ah ! Ah ! Oui, vraiment, Cadet Rousselle est bon enfant !»