À quoi pouvaient bien ressembler les marchands et guerriers vikings qui sont venus s’installer dans notre région, il y a plus de 1200 ans ?

Pour le savoir, il faut se tourner vers les recherches entreprises, depuis quelques années, par quelques universitaires britanniques très doués par mêler une dose d’humour aux questions historiques les plus sérieuses. Des élèves de l'université écossaise de Dundee ont ainsi réalisé la modélisation du visage d'une femme viking dont le squelette a été découvert à York, en Angleterre, dans les années 1970.

Le processus de modélisation a tout d'abord consisté à recréer une image numérique du crâne grâce à un balayage laser du squelette. À partir de ce modèle et grâce à des outils informatiques spécifiques, ils ont pu reconstruire petit à petit les différents muscles du visage, des plus profonds au plus superficiels.

un visage plus vrai que nature

Il suffisait ensuite de créer une peau virtuelle, pour obtenir un visage plus vrai que nature. Une fois ce travail achevé, Janice Aitken, une chercheuse britannique, a finalisé la conception du modèle, dévoilé en avril dernier : « J'ai utilisé le même type de logiciel que ceux employés pour créer des animations 3D dans l'industrie du film. J'ai ainsi ajouté au modèle des yeux réalistes, des cheveux et un chapeau. J'ai également ajouté l'éclairage pour créer un aspect naturel ».

une petite révolution

Sarah Maltby, du Musée archéologique de York, s’émerveillent des possibilités offertes par les nouvelles technologies. « Les capacités de la recherche archéologique ont considérablement évolué depuis une trentaine d’années, explique-t-elle. Nous vivons en ce moment une petite révolution de la manière avec laquelle les découvertes archéologiques sont analysées. Les techniques scientifiques et numériques à la disposition des chercheurs sont époustouflantes. Nous savons de mieux en mieux en quoi consistait la vie d’un Viking, ce qu’il mangeait, comment il s’habillait, et même à quoi il ressemblait ». Selon Janice Aitken, la reconstitution devrait permettra aux nord-européens de s'identifier plus facilement à leurs ancêtres. Pari réussi ?